• Mouloudji le poulbot

    Mouloudji le poulbotMouloudji.

    Connu et méconnu, discret mais n'hésitant jamais à affirmer ses convictions libertaires, chantant les textes des autres en faisant oublier ses propres compositions, nombreuses. Celui que certains ont baptisé "le poulbot de  Belleville" a la sensibilité des écorchés vifs, qu'il cache  derrière son sourire d'éternel adolescent et la voix légèrement cassée de ceux qui crient en silence.

    Né à Paris dans le quartier de Belleville en 1922 d'un père kabyle et d'une mère bretonne, le petit Marcel n'a pas la vie des quartiers dorés ! Quand il a dix ans il connaîtra une profonde blessure, celle de l'internement de sa mère, alcoolique, pour désordre mental. Le père fait ce qu'il peut pour élever ses deux fils qui font des petits boulots de rue, dont celui de chanteurs. Le petit Marcel connait sa première expérience avec la caméra dans un film sur Ménilmontant, à 11 ans.
    Papa Saïd emmène le jeune Marcel à des réunions du Parti Communiste et, adolescent Marcel s'engage dans les Faucons Rouges, association issue du PC.

    1935 marque la rencontre de Marcel Mouloudji avec le monde du théâtre. Sylvain Itkine d'abord, membre du Groupe Octobre1 qui l'incitera à chanter, mais surtout Jean-Louis Barrault qui le prend sous son aile, allant jusqu'à l'héberger, rencontre parrainée par l'auteur Marcel Duhamel qui initie le jeune Mouloudji à la littérature et à la poésie. Marcel Mouloudji se lance dans la vie artistique qui soutient le Front Populaire en 1936.

    Sa carrière cinématographique commence à cette époque, avec entre autres une apparition remarquée dans le célèbre film de Christian Jaque, Les disparus de Saint Agil, en 1938.

    Pendant la guerre il est contraint de vivre dans une semi clandestinité (le climat est malsain pour les militants et sympathisants communistes !). D'abord obligé de se réfugier en zone "nono" à Marseille, il remonte à Paris où il fréquente Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir.
    A cette même époque il écrit un livre de mémoire (à 20 ans !) pour lequel il recevra le Prix de la Pléiade en 1947.

     

    Mouloudji le poulbot

     

    Après la guerre il devient une des figures du milieu artistique de la Rive Gauche.
    En 1947 il commence à s'intéresser à la peinture et il fréquente Jacques Prévert et Boris Vian qui écrira "C'est un de ces garçons qu'on regrette de ne pas voir plus souvent ; mais il fait tout ce qu'il fait avec un talent indiscutable et c'est pourquoi on hésite à le déranger: il travaille pour nous ".

    Mouloudji s'intéresse de plus en plus à la chanson tout en continuant sa vie d'acteur. Dans les cabarets de Saint Germain des Prés il chante Boris Vian.
    Le premier succès arrive quand il interprète La Complainte des infidèles extraite du film La Maison Bonnadieu en 1951.

    1953. Jacques Canetti, le directeur du cabaret Les Trois Baudets, lui fait enregistrer le titre qui l'imposera dans la chanson : Comme un p'tit coquelicot. Plusieurs fois primée ce titre sera aussitôt suivi par un autre succès Un jours tu verras, extraite du film Secrets d'alcôve. Le 7 mai 1954 la France connait la sévère défaite de Dien Bien Phu, et ce jour même Boris Vian crée la chanson Le Déserteur, chanson que l'antimilitariste Mouloudji mettra à son répertoire.

    A la fin des années 50 il met fin à sa carrière d'acteur pour se consacrer à la chanson, à l'écriture et à la peinture.

    Fidèle à lui-même, Mouloudji créera sa propre maison de disque sous forme de coopérative (il lancera même un certain Greame Allwright !). Pendant mai 68, il chantera pour les ouvriers dans les usines en grève.

    Mouloudji le poulbotMouloudji, dont Jacques Pévert disait " Quand j’ai rencontré Mouloudji, c’était un enfant, un petit garçon. Il n’avait pas ce qu’il est convenu d’appeler une jolie voix, mais une voix vraie, vivante, troublante, drôle et parfois déchirante, c’était la sienne, la voix des rues, la voix du cœur, il a grandi mais il chante pareil. De là son charme" ne connaîtra jamais les grandes diffusions sur les radios ou les passages dans les émissions vedettes de la télé.

    Mais au cœur du public, il reste un homme profondément attachant, vrai et sincère et ses chansons traversent le temps et la censure, comme une petite voix de notre conscience.

     

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 25 Juillet 2020 à 09:48

    Bonjour

    merci de ce nouvel article consacré a un grand artiste des années 50 60 70

    je connais quelques titres de lui et vais découvrir d'autres,

    en fond sonore lorsque je commente mes blogs amis hi hi hi

     

    bon samedi avec le meilleur temps qu'il soit

      • Samedi 25 Juillet 2020 à 10:08

        Cette playlist comporte des titres connus pour la plupart mais il a de très nombreux tires, magnifiquement écrits et émouvants qui figureront dans une future compilation.

        Il fait partie à mes yeux de ces chanteurs qui se méritent et se savourent.

        Merci de ton passage sur ma planète musicale

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