• Georges Moustaki #1

    Georges Moustaki Georges Moustaki, c'est une gueule.
    Une gueule de métèque, une gueule de poète, une gueule entre Karl Marx et Jésus qui aurait pris un coup de vieux.

    C'est un regard, un sourire et un formidable talent de poète, de compositeur, d'interprète.
    C'est une voix, douce, mais qui assène ses convictions avec tendresse derrière des mélodies simples.

    On a un peu tendance à oublier cet artiste qui, à mes yeux, mérite sa place au panthéon de nos poètes-chanteurs  Brassens, Brel, Barbara et Ferrat.

    Aujourd'hui encore, "les amis de Georges" se retrouvent sur la place qui porte son nom dans le 1er arrondissement de Paris.

     

    Source le Monde

     

     

    Yussef Giuseppe (Joseph) Mustacchi est né le 3 mai 1934 en Égypte, à Alexandrie au sein d'une famille grecque juive mais venant de Corfou. Le jeune Yussef parle italien à la maison, français à l'école et arabe dans la rue.
    C'est un peu le bordel au niveau état civil car il est Youssef à l'état civil, Joseph à l'école où on le surnommera Jo. Quand il arrivera en France où on l'appelle Jo, tout le monde pensera que c'est pour Georges, et comme il deviendra un grand admirateur de Brassens, va pour Georges !

    Ses parents, libraires, sont des amoureux de la Culture et ils tiennent à ce que leur fils étudie dans une institution française. C'est là que Joseph découvre la musique française dont il reprend des standards au piano. Après avoir décroché son bac, le jeune homme effectue un séjour à Paris et quand il revient, c'est décidé : il ira vivre à Paris ! Ayant obtenu le consentement paternel, il arrive en 1951 et s'installe chez sa sœur et son beau-frère, libraires eux aussi.

    Mais il faut bien manger ! Le jeune Joseph fera du porte-à-porte pour vendre les livres de son beau-frère, il sera chroniqueur culturel pour un journal égyptien. Puis il sera barman dans un piano-bar de Saint Germain des Prés où il rencontre des personnalités du show business.
    Mais la révélation lui vient un soir où il assiste à un récital de Georges Brassens aux Trois Baudets. Brassens deviendra la grande référence de Jo. Il lui présente certains de ses textes et Georges Brassens l'encourage à suivre cette voie.

    Piaf et MoustakiMais le jeune homme hésite encore entre la chanson et la peinture, même si il lui arrive de se produire (sous le pseudo de Georges Moustaki) dans des cabarets parisiens où il rencontrera le guitariste Henri Crolla. En 1958 celui-ci présente le jeune Georges à une de ses idoles, Édith Piaf.
    S'en suivra une courte mais tumultueuse liaison et surtout un titre qui deviendra un succès international : Milord (musique signée Marguerite Monnot). C'est Piaf qui lui fera faire sa première télé mais sans grand impact car il est encore gauche et hésitant. La rupture avec Édith Piaf sera assez brutale et elle a été éprouvante pour le jeune homme qui se met en retrait.

    Entre 1960 et 1965, Moustaki se cherche encore et tout en apprenant la guitare classique, il se consacre à l'écriture de chansons. Il écrira pour Colette Renard, Yves Montand ou encore Barbara. Il enregistrera bien quelques 45t et un 33t sous le label Pathé Marconi mais on ne peut pas dire que ce soit un succès. Il leur proposera une nouvelle maquette, une chanson intitulée Le Métèque mais Marconi la trouvera...  sans intérêt et met fin au contrat. Ça s'appelle avoir du pif !
    C'est à cette époque qu'il part à la rencontre de ses racines, en Grèce où il rencontre Mélina Mercouri avec qui il se lie d'amitié. Plus tard Mélina Mercouri fera traduire Le Métèque et En Méditerranée en grec et ces chansons deviendront des hymnes de résistance à la dictature des Colonels.

    On peut considérer que 1966 sera une année charnière pour le jeune compositeur.

    Cette année là il rencontre Serge Reggiani qui, à 42 ans, veut confirmer sa carrière de chanteur entamée trois and plus tôt avec les chansons de Boris Vian. Il réussit à convaincre Moustaki de lui écrire des chansons.
    La première chanson que Moustaki lui propose lui fut inspirée de sa relation avec Piaf et leur différence d'âge : Sarah. Ce sera un véritable succès. Suivront Ma liberté, Votre fille a 20 ans, Ma Solitude. Ces titres feront un carton et Moustaki connait la notoriété en temps que compositeur.

    Moustaki se lie d'amitié avec Barbara à qui il écrit un superbe tube, La longue Dame brune. C'est à Barbara que Georges doit sa première scène... bien malgré lui.
    En 1968 il accompagne son amie pour un récital à Mulhouse mais prise d'un malaise, Barbara ne peut pas assurer le spectacle. Moustaki prend sa guitare et la remplace au pied levé ! Le courant passe avec le public.

    Georges Moustaki 1974Conforté dans sa capacité à devenir interprète, en 1959 il reprend sa maquette du Métèque que Pathé Marconi lui avait refusée, il la retravaille et la chanson sort en 45T. C'est un carton plein qui lui permet d'enregistrer un 33 t dans la foulée. Il reçoit le prix Charles Cros et entame une tournée qui le mènera jusqu'à Bobino.
    L'accueil du public est immédiat car Georges Moustaki sait instaurer une intimité et une ambiance chaleureuse qui conquièrent les salles.

    Avec l'accord de son ami Serge, il reprend certaines des chansons qu'il lui a écrites et qui connaîtront une deuxième jeunesse en devenant des tubes.

    En 1973 il sort l'album "Déclaration" aux influences brésiliennes. Il composera également avec Mikis Théodorakis. Moustaki c'est aussi un chanteur aux convictions trotskistes affirmées et assumées qui lui inspireront le titre Sans la nommer qui prône la révolution permanente.

    Chanteur, poète et nomade Georges Moustaki sortira 20 albums studio aux influences diverses ramenées de ses voyages autour du monde. Il consacre la majeure partie de son temps à ses rencontres intimistes avec le public, jusqu'à ce que son état de santé se dégrade en 2009.
    En 2011 il annonce que son emphysème ne lui permet plus de chanter. Mais il se consacre à la peinture, au dessin et à l'écriture. Il publie La Sagesse du faiseur de chansons, recueil de pensées et de souvenirs.

    Celui qui avait pour devise une phrase d'Antoine Blondin "L'homme descend du songe." s'éteint le 23 mai 2013 à Nice.

    Les amis de Georges étaient un peu anars.
    Ils marchaient au gros rouge et grattaient leurs guitares... ♫♪♪

     

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  • Commentaires

    1
    Licorne59
    Mardi 8 Septembre 2020 à 10:02

    Et bien j'en ai appris sur ce chanteur !

    J'aime bien ton style tu dois être une rigolotte happy

    Prends soin de toi

    Grosses bises

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