• Je ressors aujourd'hui cette chanson de 1955 tant sa morale me parait rafraichissante et pour tout dire... salutaire.

    De Gilets Jaunes en crise sanitaire, d'affaire Benalla en affaire Nylsen en passant par Ferrand, de Rugy, de la grogne des avocats, soignants, pompiers, éboueurs... bon, on ne va pas citer tout ce qui merdoie de plus en plus depuis trois, mais force est de reconnaître que rarement depuis la fin de la guerre la France a été agitée à ce point.
    Et rarement la détestation des politiques n'a été aussi forte ni aussi violemment exprimée.
    Mais le phénomène n'est pas nouveau.

    En 1954 l'auteur Boris Vian tire le diable par la queue et décide de se mettre à la chanson pour mettre du beurre dans les épinards.
    En 1955 il compose La Java des bombes atomiques, chanson qu'il proposera aux Frères Jacques mais ceux-ci déclineront. Qu'à cela ne tienne ! Il la chantera lui-même ! Sortie sur un 45 T intitulé "Chansons impossibles" cette java restera confidentielle car Boris Vian n'est pas en odeur de sainteté depuis la sortie du Déserteur un an plus tôt.

    Reprise par de nombreux artistes, c'est la version de Serge Reggiani en 1968 qui reste le plus dans les mémoires.

    Je vous laisse, j'ai une bombe à fabriquer moi !

     


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  • Boris Vian - CentenaireLe 10 mars on fêtait le Centenaire d'un des enfants terribles de la littérature française, Boris Vian.

    Né en 1920 dans une famille de la haute bourgeoisie fortunée, au point que son père ne commencera à travailler qu'après le krach boursier de 1929, il obtiendra sont diplôme d'ingénieur en 1942 après avoir été reçu à l'Ecole Centrale en 1939. Ingénieux et inventif, il inventera des machines farfelues.

    Il traversera la guerre sans encombre entre ses études et le jazz. Ayant appris à jouer de la trompette, il rejoint le Hot Club de France (association de promotion du jazz en France) présidé par Louis Armstrong, anime des surprises parties, rejoint la formation de Claude Abadie en 1942.

    1944 sera une année dramatique avec l'assassinat de son père et la fin de la vie confortable des Vian.
    Boris Vian a eu la chance d'évoluer dans une famille intellectuelle où on aime jouer avec les mots, et sa femme Michelle jouera également un rôle prépondérant dans son œuvre littéraire.

    Boris Vian c'est le désormais mythiqiue L'écume des jours, L'Arrache Cœur mais aussi J'irai cracher sur vos tombes sous le pseudo de Vernon Sullivan.

    • Tout sur Boris Vian : Wikipédia
    • Centenaire : le site

     

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  • Sur mon blog d'écrits, je vous chroniquais le formidable livre de John Howard Griffin, Dans la peau d'un noir publié en 1961 et dans le contexte actuel très sensible (et un rien hystérique) m'est revenu cette chanson de Claude Nougaro qui en est presque un écho, un pendant : Armstrong.

    Écrite en  1965 sur l'air du gospel Go down Moses (titre interprété par Louis Armstrong sur l'album The God Book en 1958), cette chanson est d'abord un hommage à ce grand trompettiste mais aussi (surtout ?) un plaidoyer contre le racisme et pour la tolérance.

    Un texte ciselé par un orfèvre, à écouter absolument pour ne pas tomber dans les excès qui se profilent derrière un combat juste.

     


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  • Louis ARAGONQue reste-t-il d'Aragon aujourd'hui ?

    Pour ma génération qui l'étudia, un peu, au lycée comme pour celle qui suivit il reste peu de chose.
    Peu de chose sinon une voix, celle de Jean Ferrat chantant Aragon. Et il y a fort à parier que pour la génération actuelle il en soit de même si leurs parents leur ont fait écouter ces chansons.

    Déformés par le prisme du temps, les poèmes d'Aragon peuvent aujourd'hui être vus comme des textes de chansons dont il serait l'auteur, à l'inverse de la réalité. Contrairement à d'autres poètes Aragon n'a jamais écrit pour la chanson, ce sont les chanteurs qui se sont emparé de ses poèmes, un peu à son corps défendant. Si l'homme, chantre du communisme, fut souvent conspué, le poète, immense, fédère tous les amis de la poésie, y compris Georges Brassens qui ne nourrissait aucune sympathie pour la gauche, même habillée socialo !

    jEAN ferratAragon nourrissait une certaine tendresse (pas seulement politique mais humaine) pour le jeune Jean Ferrat. Indirectement, en 1965 il sort le chanteur de la mouise quand celui-ci met en musique son poème Les yeux d'Elsa (en bonus dans la playlist) qui sera initialement interprétée par André Claveau, célébrité de l'époque.

     

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  • Mouloudji le poulbotMouloudji.

    Connu et méconnu, discret mais n'hésitant jamais à affirmer ses convictions libertaires, chantant les textes des autres en faisant oublier ses propres compositions, nombreuses. Celui que certains ont baptisé "le poulbot de  Belleville" a la sensibilité des écorchés vifs, qu'il cache  derrière son sourire d'éternel adolescent et la voix légèrement cassée de ceux qui crient en silence.

    Né à Paris dans le quartier de Belleville en 1922 d'un père kabyle et d'une mère bretonne, le petit Marcel n'a pas la vie des quartiers dorés ! Quand il a dix ans il connaîtra une profonde blessure, celle de l'internement de sa mère, alcoolique, pour désordre mental. Le père fait ce qu'il peut pour élever ses deux fils qui font des petits boulots de rue, dont celui de chanteurs. Le petit Marcel connait sa première expérience avec la caméra dans un film sur Ménilmontant, à 11 ans.
    Papa Saïd emmène le jeune Marcel à des réunions du Parti Communiste et, adolescent Marcel s'engage dans les Faucons Rouges, association issue du PC.

    1935 marque la rencontre de Marcel Mouloudji avec le monde du théâtre. Sylvain Itkine d'abord, membre du Groupe Octobre1 qui l'incitera à chanter, mais surtout Jean-Louis Barrault qui le prend sous son aile, allant jusqu'à l'héberger, rencontre parrainée par l'auteur Marcel Duhamel qui initie le jeune Mouloudji à la littérature et à la poésie. Marcel Mouloudji se lance dans la vie artistique qui soutient le Front Populaire en 1936.

    Sa carrière cinématographique commence à cette époque, avec entre autres une apparition remarquée dans le célèbre film de Christian Jaque, Les disparus de Saint Agil, en 1938.

    Pendant la guerre il est contraint de vivre dans une semi clandestinité (le climat est malsain pour les militants et sympathisants communistes !). D'abord obligé de se réfugier en zone "nono" à Marseille, il remonte à Paris où il fréquente Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir.
    A cette même époque il écrit un livre de mémoire (à 20 ans !) pour lequel il recevra le Prix de la Pléiade en 1947.

     

    Mouloudji le poulbot

     

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  • Georges Moustaki Georges Moustaki, c'est une gueule.
    Une gueule de métèque, une gueule de poète, une gueule entre Karl Marx et Jésus qui aurait pris un coup de vieux.

    C'est un regard, un sourire et un formidable talent de poète, de compositeur, d'interprète.
    C'est une voix, douce, mais qui assène ses convictions avec tendresse derrière des mélodies simples.

    On a un peu tendance à oublier cet artiste qui, à mes yeux, mérite sa place au panthéon de nos poètes-chanteurs  Brassens, Brel, Barbara et Ferrat.

    Aujourd'hui encore, "les amis de Georges" se retrouvent sur la place qui porte son nom dans le 1er arrondissement de Paris.

     

    Source le Monde

     

     

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